L’attaque au bazooka des auteurs de la récente anthologie francophone de Mauritanie  contre Marieme Mint Derwich a cela de salutaire qu’il s’agit d’une première querelle intellectuelle entre gens de lettres dans un pays où le débat public s’élève rarement au dessus des considérations sur le cours de la vie. Que la célèbre chroniqueuse du journal Le Calame soit omise dans cette œuvre, non exhaustive et subjective comme toute anthologie, nous paraît relever de l’ordinaire quoique… Que la même journaliste, touchée dans son orgueil d’écrivain, ose s’en plaindre dans son style particulier, en qualifiant l’œuvre de “hontologie” devrait tout au plus appeler à une réaction mesurée doublée d’explications convaincantes. Car pour de nombreux mauritaniens, Mint Derwich fait partie du patrimoine littéraire national. La dame à la plume d’or ne fait pas cependant l’unanimité..Mamadou Kalidou BA, Coordinateur de l’Anthologie de littérature mauritanienne francophone, ne semble pas la porter dans son coeur pour, nous le souhaitons, des considérations purement littéraires. «En « l’oubliant » – je pose les guillemets parce que ce n’est pas un oubli – nous ôtions à la prétendue star la possibilité de parader dans les cafés parisiens, à l’occasion de quelque voyage, notre anthologie en main, montrant, à qui voudrait lui accorder son attention, que son cher pays la magnifiait !», écrit monsieur le coordinateur qui défie la chroniqueuse et ses nombreux adeptes. Il serait bien fondé de se demander si les auteurs d’une anthologie, aussi universitaires soient-ils, ont droit de vie ou de mort sur l’écrivain ou le poète. Ou encore s’ils ont le droit de forcer leurs figures de style jusqu’à reprocher, à demi-mots, à Mariem sa franco-mauritanité? Au final, le débat intellectuel attendu s’est vite transformé en invectives de part et d’autres. Bien dommage.

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