Par Dia El Hadji Ibrahima.

La Mauritanie est dans le triste  top 5 des pays Africains qui ont vu défiler des régimes civils ou militaires autoritaires, issus pour la plupart de coups d’Etat. Ces coups d’Etat virtuels ou réels ont causé des déchirures sociales et des  haines entre les populations du Sud et celles du Nod du pays.

 

Le principal actionnaire de cette haine fut le clan des extrémistes arabophones se réclamant directement ou indirectement des idéologues racistes et sans croyance qui, longtemps,  ont courtisé le Président Ould Taya et son système durant plus de 20 ans de règne. Plus de 509  soldats et officiers négros-africains sont sauvagement assassinés dans des exécutions extra-judiciares. Dans ce lot repertorié avec noms, grades et matricules, il y a les 28 pendus d’Inal.  Qui ose encore ne pas condamner ce qui s’est passé dans la nuit effroyable du 28 novembre à Inal?   Plus de 29 ans après, il n’y a aucun début de justice, ni nationale ni internationale.

Des familles et foyers ont été détruits sans motifs. Des hommes et femmes ont été torturés. Des orphelins et des veuves sans abris. Pendant ce temps  des  assassins circulent à visage découvert. Et pourtant la Mauritanie prétend être  musulmane à 100%. Musulmane par ses grands érudits et ses chefs religieux dont le lourd silence (à quelques exceptions près) mérite une analyse profonde sur le poids du “clergé” dans la gestion de la cité.  Oui, la Mauritanie est musulmane par son peuple sociable, docile et malléable à merci.  Musulmane par ses Mahadras, ses Zawiyas et ses mosquées aux longs minarets qui s’élèvent haut dans un état d’apesanteur qui l”éloigne des enjeux sociaux du pays réel encore en proie à l’esclavage et à l’injustice.

La Mauritanie est  musulmane par ses tortionnaires sans vergogne et qui paradent partout sans inquiétude ni crainte de la justice. Ils sont connus, identifiés mais personne n’ose les juger. Ils sont blancs, noirs et même métisses. L’héritage laissé par Taya bien que lourd pour ceux qui ont dirigé la Mauritanie par la suite, défie le temps et la frêle démocratie.  Chacun  a essayé d’apporter une solution à cette catastrophe sociale taxée par la plupart des observateurs comme génocide. De la fameuse prière du pardon orchestrée par Ould Abdel Aziz , le 25 mars 2009 à Kaédi,  à la marche  de Nouakchott organisée par les veuves  au cri de « pas de pardon sans justice », beaucoup d’eau a coulé dans les tuyaux de l’Aftout Es Sahel.  Rien ne semble préoccuper ceux qui ont tué et pendu leurs collègues militaires durant le régime Taya. Ils sont là et toujours là.

L’arrivée prochaine d’Ould Ghazouani à la Présidence de la République  est unanimement considérée par le pauvre Mauritanien comme une continuité de l’ombre des militaires dont la plupart figure dans la liste des tortionnaires. Ne risquera-t-il pas d’être l’otage du même système?   Ce système qui refuse la diversité de la Mauritanie et sa pluralité dans ses nominations civiles et militaires, son champ économique et politique ? Oui, de l’UPR à l’UFP, de la droite à la gauche, la même idéologie est en oeuvre.

Ce système qui place l’ignorance et le favoritisme au devant de tout entend se perpétuer sans coup férir sur le dos du peuple (lequel a le gouvernement qu’il mérite) ,  pour des intérêts individuels ou tribaux. Ce système historiquement raciste et incompétent. Le peuple ose espérer de Ghazouani,  en plus de la préservation des projets structurants lancé par Mohamed Ould Abdel Aziz, le courage de déterminer la responsabilité des uns et des autres dans le nettoyage ethnique planifié et exécuté  durant le régime dictatorial de Taya. Entre Ghazouani, les tortionnaires et le peuple, c’est une nouvelle et longue histoire qui commence.

 

 

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