Il n’est pas question ici d’épiloguer sur les qualités morales et intellectuelles du «gauchiste» qui  mène une carrière d’opposant constante mais sans éclats  depuis la fin des années 70. Seul l’homme politique nous intéresse. Le citoyen Maouloud, lui, n’est pas en cause dans cette modeste contribution d’un social démocrate convaincu que seule l’union des progressistes mauritanien peut conduire à l’alternance. 

Or, en déposant sa candidature, Maouloud le sait mieux que quiconque: il n’a pas avec lui les faveurs des pronostics. Ses derniers scores, rageusement en dessous des 5% interdisent le rêve. L’absence d’un fait d’armes fait de lui un quasi anonyme , y compris dans la vallée, seul endroit où l’UFP, ce think tank qui s’ignore, existe.

Qu’est ce qui a poussé le fin analyste politique à sortir de sa pré-retraite politique pépère pour se jeter dans la mêlée . Est ce le RFD d’Ahmed Daddah, lequel, frappé par la limite d’âge, mise sur son compagnon pour un acte politique par procuration ? Est-ce cette vieille garde interne qui vient d’étouffer le courant laïque en usant des gros moyens ? En tout cas, la présence du Mao mauritanien, dans ces élections, risque d’affaiblir ce camp de gauche .

Pour le moins, Maouloud complique la tâche aux autres leaders de l’opposition progressiste, à savoir Birame Dah Ould Abeid et Kane Hamidou Baba. Nous ne pensons pas en effet que les islamistes de Tewassoul et leur rêve du retour à la bataille de Badr entrent dans la logique du progressisme. Encore moins un Ould Boubacar, grande figure du PRDS et héritier putatif d’un régime Ould Taya qui n’est pas mort de sa belle mort.

Bref, Maouloud vient disputer le petit gâteau progressiste à KHB et à Birame. Dans leurs configurations actuelles, les trois candidats n’auront d’autre fonction que de se neutraliser et de faire triompher le camp de l’islamo/nationalisme panafabiste qui va de l’aile droite de l’UFP à l’UPR, Tewassoul. Comme disait l’autre, il y a parmi ces trois candidats progressistes, un vrai candidat qui a toutes les chances de réaliser un bon score, il y a un candidat qui porte un projet de cohabitation nationale rénovée et il y a un candidat qui, probablement, se présente au nom de la légitimité historique . Lequel est le meilleur ?  A moins d’être  Martin Fayoulou, ce qui ne risque pas d’arriver , les eaux du Congo n’étant pas aussi claires que celles du fleuve Sénégal, Birame est, de par son courage, sa hargne, sa capacité de mobilisation, le plus solide. Quant à KHB, il a réussi le tour de force de réunir les negro/africains sous sa bannière , ce qui n’était pas arrivé depuis le Congrès d’Aleg. Il lui reste encore le plus dur : faire abstraction de l’amour propre au profit de l’intérêt supérieur de la Mauritanie. Le notable de Tekane doit faire la sourde oreille à tous ceux qui lui

tressent des couronnes et mesurer ses forces , faire des estimations . La logique le pousse à s’unir avec Birame à moins que quelques uns de ses partisans, fraîchement revenus du pouvoir, ne caressent le rêve de rallier Ghazouani en cas de second tour. Il s’agit de spéculations . Mais KHB doit fissa tirer les bonnes conclusions. Quant à voir l’UFP rallier Birame, c’est une autre paire de manches de la part d’un social démocrate qui se souvient de la prise de position du MND au lendemain du coup d’Etat dit negro/africain d’octobre 87.

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