La cause est entendue. La petite phrase du président Mohamed Abdel Aziz prononcée en marge d’une cérémonie de rupture du jeûne et selon laquelle “la Mauritanie serait en danger si son candidat, Mohamed Ould Ghazouani,  n’est pas élu” est destinée à la consommation occidentale.

Les USA, la France et l’Otan misent ouvertement sur les hommes fort plutôt que des démocrates pour sécuriser la rive sud de la Méditerranée, «peu apte à la démocratie », chuchote-t-on dans les war rooms. D’où l’offensive actuelle  du Maréchal Haftar qui marche en ce moment sur Tripoli, siège du gouvernement reconnu par l’ONU et la communauté internationale, avec le soutien officiel des USA et officieux de la France.

L’égyptien Abdel Fatah al- Sissi avait usé du même argument sécuritaire pour envoyer le démocratiquement élu Mohamed Morsi en pension complète pour une durée indéterminée. Les amis de Blaise Compaoré reprochent aujourd’hui au président Kaboré, démocratiquement élu, d’avoir transformé son pays – et on peut difficilement le nier – en ventre mou du terrorisme. Quant à IBK , il est la thèse et l’antithèse de la formule lapidaire « la sécurité est trop sérieuse pour être laissée à un civil».

Bref, en scandant «après nous, le déluge», Aziz avoue la personnalisation de l’approche sécuritaire et désavoue la théorie de l’instruction militaire qui repose sur l’organisation  et l’institutionnalisation de l’armée qui doit fonctionner même si le Général tombe entre les mains ennemies. Dans l’armée, “nul n’est indispensable”, dit-on.

Comme tout militaire, l’homme fort de la Mauritanie use et abuse de l’argument sécuritaire, ignorant sans doute que celle-ci est intimement liée  à l’amélioration des conditions économiques et  du pouvoir d’achat des populations.

Les succès engrangés dans la lutte antiterroriste sur ces dix dernières années sont certes à l’actif du président. Mais c’est aussi celui d’une armée sensée aguerrie et dotée de stratégies qui ne vont pas fondre avec le changement du régime.

De plus, en dépit des succès offensifs et défensifs par rapport à la lutte contre le terrorisme, la Mauritanie est toujours considérée par cet Occident allié comme un pays à risque. Le dernier événement terroriste survenu au Bénin et dénoué au Burkina Faso semble appeler au renforcement de la coopération sous -régionale. Doit-on continuer à entretenir le G5 de SAHEL, une trouvaille azizienne, qui peine à être opérationnel empêtré qu’il est dans une opération de souscription d’argent à l’international qui peine à porter ses fruits?

Le prochain locataire du Palais gris doit, tout en restructurant l’armée, initier des rapprochements entre le Sahel chaud ,le Sahel  humide et le le Maghreb. L’on doit passer au G20 ou G25 en fusionnant des unités spéciales et non en raccordant des armées ou, plus grave, en créant de nouveaux casques bleus.
La CEDEAO et le Maghreb doivent se donner la main pour nettoyer la grosse poche terroriste qui va du Nord Mali et Nord Burkina aux confins du désert. Un pays ne peut pas venir à bout du terrorisme à lui tout seul ou en comptant sur les dons.

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