Jamais tentative négro-africaine de se regrouper dans un pôle destiné à  favoriser le changement n’a connu un enthousiasme aussi fort.  La ferveur n’est pas sans parallèle avec un Messaoud Ould Boukheir des années 90.

Mais aujourd’hui, il s’agit d’un tout autre combat.  On ne le dira jamais assez, Kane Hamidou Baba dit KHB, Ibrahima Mokhtar Sarr et Samba Thiam ont réussi le pari de mettre en place la coalition vivre ensemble (CVE).

Il s’agit d’un grand pas pour une communauté négro-africaine jusque-là divisée.  Toutefois, après avoir réussi ce tour de force,  les 3 leaders doivent se poser des questions et prendre des choix difficiles dans une position inconfortable. Inconfortable car ils sont au milieu du fleuve. Après avoir parcouru une bonne moitié du chemin à la nage, les leaders doivent faire l’autre moitié du chemin en se posant ces deux questions.

La première, qui n’aura pas échappé aux observateurs,  est  cette faible représentativité des Soninkés, des Wolofs, des Harratines et des Maures dans une coalition au slogan «Vivre ensemble » loin d’être usurpé. Qu’est-ce qui explique cette sous-représentativité ?  Défaut de stratégie ?

À moins que cela ne traduise la profonde division entre les communautés Mauritaniennes tentées par des compétitions factices entre elles ? Devrait-on en convenir que le terme «négro-africain », trop générique, ne traduit aucune réalité concrète, désignant des communautés qui s’ignorent et se jalousent ?

Dans tous les cas comme l’a dit HBK lui-même, la CVE  est ouverte à tous les mauritaniens désireux de bâtir une nation fondée sur l’égalité des chances, sans  distinction de race ou de couleur. L’autre question fondamentale qui se pose d’elle-même à ces trois grands leaders au milieu du fleuve,  est de savoir si en politique l’éthique peut triompher sans stratégie, la juste cause sans moyens financiers, le bon programme sans plan de communication et  la bravoure sans  tactique ?

Après s’être posés  ces deux questions, les trois leaders en conviendront : la stratégie efficace passe forcément par la poursuite du travail déjà commencé mais en sortant la CVE du piège communautaire où elle est tombée sans s’en rendre compte pour appeler à l’unité de tous les progressistes, de Kobenni à Ndiaago.  Evidemment, les trois leaders n’ont pas le temps de trop attendre.

Le temps passe vite et les opportunités ne reviendront pas. Bref,  la  CVE doit par tous les moyens, trouver un  terrain d’entente avec le candidat Biram, le candidat Maouloud, Ahmed Daddah et,  sans tarder, aller à la rencontre du mouvement Ba Bocar Souleye afin de ne pas diviser l’électorat progressiste.

C’est à ce prix et contre  amours propres et certitudes qu’une grande  désillusion sera évitée au soir du  22 juin  prochain. Nul ne peut éternellement rester au milieu du fleuve.

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