À quelques semaines  des élections présidentielles du 22 juin prochain, les spéculations vont bon train et  les sondages s’accentuent sur le prochain président mauritanien. Va-t-on vers un changement de régime ?

En tout cas, sur les  réseaux sociaux, l’exaltation a atteint  son paroxysme quant – à un éventuel changement de régime.

Les jeunes mauritaniens croient de plus en  plus qu’un changement peut s’opérer au soir du 22 juin. Les vieux, eux, plus expérimentés, estiment que ce sera à un remake de 1992. “A cette différence près qu’il n’y aura pas un journaliste pour décrire comme l’avait fait feu Habib Ould Mahfoud, “le mouton à cinq pattes de Kobenni”.

En dépit de l’effervescence constatée dans les réseaux sociaux, le pays réel fait montre d’une apathie inquiétante.  Hormis quelques banderoles orphelines, la pré-campagne ne fait pas florès à Nouakchott.  Le débat de la rue porte plutôt sur le “ramadan et ses vertus”, la défense des dattes mauritaniennes, dans des emballages douteux, face à leurs élégantes concurrentes de la Tunisie ou encore, ainsi que le dit énergiquement cet enseignant, le prix du ciment.

Loin de ces échanges terre à terre, les réseaux sociaux s’enflamment.  Le rêve de renvoyer les militaires dans les casernes  fait recette.  Depuis  plus de 40 ans,  ce sont les mêmes hommes, le même système, qui continuent  à diriger  les « pauvres mauritaniens », s’est désolé un internaute.

Il est tant, lance -t-il,  que les civiles reprennent  le pouvoir à l’image des grandes démocraties. Pourquoi  s’interroge-t-il, laisser   un scénario où Aziz passe le témoin à son bras droit et complice, Mohamed Ould Ghazouani?

Un contexte favorable à Mohamed Ould Ghazouani

À l’heure de la recrudescence de la violence au sahel, les observateurs s’attardent à dire que ce contexte d’insécurité est favorable au candidat Ould Ghazouani. Selon eux, il est l’homme de la situation capable de faire face à ce défi sécuritaire, qui constitue un enjeu crucial.

Ils sont convaincus que le dauphin d’Aziz peut profiter de cette occasion  pour encore une fois légitimiser sa candidature, qui a été décriée en coulisse par certains faucons du parti au pouvoir (Union Pour la République).

Le « futur homme fort de Nouakchott » maîtrise les dossiers sécuritaires pour avoir cheminé très longtemps avec l’actuel président, considéré comme l’un des plus grands artisans de la lutte contre le terrorisme dans cette région.

D’ailleurs,  le locataire du Palais Gris  a, dans une sortie récente,   laissé entendre que si  son poulain n’est pas élu président de la république au  soir du 22 juin prochain, la Mauritanie risque de plonger dans le  chaos.

Des propos  qui ont fait couler beaucoup d’eau entre les dunes et les marigots. Les réactions ne se sont pas faites attendre. Certains ont  fait savoir clairement que le raïs veut semer une « zizanie postélectorale ».

Wait and see!

Ibrahima Junior Dia

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