Moins de 24 heures après le démarrage de la campagne électorale, l’heure est aux interrogations dans les salons feutrés de Nouakchott. Les élections se joueront sur l’arithmétique. Le   nombre d’électeurs appelés à participer à la présidentielle mauritanienne du 22 juin s’élève à  1.544.132 votants. Une bonne partie de la diaspora ne pourra pas effectuer ce devoir citoyen.

Dans le recensement fait par la Commission électorale nationale indépendante de Mauritanie (CENI), l’on voit que les greniers électoraux sont constitués de Nouakchott, de la vallée du Fleuve Sénégal et des deux Hodhs.  Les 6 candidats ( dont entre autres, Mohamed Ould Ghazouani de l’Union Pour la République, parti au pouvoir, Birame Dah Ould Abeid du mouvement Ira, Kane Hamidou Baba de la Coalition Vivre Ensemble, Mohamed Ould Maouloud de l’UFP, Sidi Ould Boubacar, Mohamed Lemine El-Mourteji El-Wavi, un haut fonctionnaire au Trésor mauritanien, inconnu du grand public et novice en politique) tentent chacun de s’imposer dans l’un de ces bastions clés.

La bataille sera âpre à Nouakchott où il sera difficile à l’un des candidats favoris de faire la différence.  Le parti au pouvoir qui faisait traditionnellement le trop plein dans les Hodhs doit composer avec un scénario inédit. En effet, nul n’imaginait que la candidature de l’ancien premier ministre Sidi  Ould Boubacar, décidée sur le tard, allait venir troubler l’ordre normal des choses.   Il semble au vu de quelques sondages effectués ici et là  que Ould Boubacar fera d’autant plus mal au candidat du pouvoir qu’il compte beaucoup sur le centre et l’Est du pays pour faire la différence. Soutenu par Mohamed Ould Bouamatou et par les islamistes de Tawassoul, Ould Boubacar, qui a conquis l’électorat conservateur islamo-arabisant, tente de se reprendre vis-à-vis de l’électorat négro-africain avec qui il est tombé en froid suite à sa malheureuse déclaration sur l’arabité exclusive (un texte dicté par les soit-disant islamistes modérés de Tawssaoul ou par  Ould Breidelil, grand ordonnateur du Baathisme à la mauritanienne, devenu son gourou?) et l’usage exclusif de l’arabe au sein de l’administration.

Pour sa part Kane Hamidou Baba de la CVE  devra croiser le fer avec Birame Dah Ould Abeid et, accessoirement, avec  Mohamed Ould Maouloud dans un trio qui illustre la division des progressistes en candidatures qui se cannibalisent.   Cette division de la vraie gauche porteuse d’idées d’égalité et de progrès  profite aux deux premiers candidats cités, candidats du conservatisme islamo-libéral de type Arabie Saoudite,  qui auront tout le soin de laisser ce trio se neutraliser.  Pour sa part, Mohamed Lemine El-Mourteji El-Wavi, que l’on ne saurait classer,   alimente toutes les chroniques sur sa candidature.  Quel but, quel message, quel électorat?  On y reviendra.

 

 

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