Par Dia El Hadji Ibrahima.

Oui, c’est parti. La campagne présidentielle a commencé dans la vallée comme dans les régions de l’Est et partout en Mauritanie. Les candidats tour à tour cherchent à séduire cette masse populaire abandonnée et complètement démotivée par des promesses non tenues par des courtisans politiques passagers. Visiblement toute la vallée s’est mobilisée pour la Coalition Vivre Ensemble (CVE) présidée par un certain Kane Hamidou Baba alias KHB. Les grands commerçants de l’Est avec l’appui des autres tribus à leur tour se battent par tous les moyens pour élire cet ancien Général, Mohamed  Ould Ghazaouni,  dès le premier tour.

Le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar, ancien premier ministre du grand dictateur et sangunaire Maouiya Ould Taya a reçu l’appui total et la bénédiction de Cheikh Hammahoullah, grand chef religieux des régions de l’Est, greniers électoraux. Ould Maouloud de l’UFP,  de plus en plus impopulaire, a toujours du mal à convaincre cette fidèle masse intellectuelle négro-mauritanienne longtemps associée à son idéologie marxiste. Quant à Biram Dah Ould Abeid, devenu aujourd’hui le candidat noir qui défend beaucoup plus les injustices sociales et économiques, il compte se positionner dans le cercle des faiseurs de rois. Les élections de 2019 risquent de diviser encore plus les Mauritaniens qui, jusque là, n’arrivent pas à bâtir un socle social solide. Derrière chaque parti politique se cachent des idéologues extrémistes et opportunistes. La Mauritanie d’aujourd’hui fait peur d’après la plupart des observateurs politiques. Que dire de la Mauritanie de demain si les écarts entre pauvres et riches continuent de se creuser encore?

En se basant sur les programmes des différents candidats, nous pensons que chacun d’entre eux veut apporter du nouveau. Certains cherchent à construire une Mauritanie nouvelle égalitaire et juste où toutes les populations s’identifient autour de cette riche diversité.  D’autres cherchent toujours à détruire encore cette Mauritanie naturellement multiculturelle et hautement potentielle par ses ressources naturelles. Une campagne électorale où certains ont bénéficié de grands appuis financiers pouvant en quelque sorte leur permettre d’acheter ou même de racheter la conscience des pauvres électeurs habituellement peu résistants face à des propositions financières des courtisans politiques. Une campagne électorale où les moyens de l’Etat sont utilisés d’habitude par le candidat du système. Une campagne électorale où la cause de la marmite prime sur la conviction des programmes des dirigeants politiques.

Partant de tous ces éléments, le candidat Ould Ghazouani risquerait de passer dès le premier tour avec un minimum de 55%. Il pourra être suivi par Biram Dah Ould Abeid, le Messie des anciens esclaves, avec 15%. Le candidat Ould Boubacar pourra à son tour décrocher avec toute l’énergie qu’il mettra sur le terrain, un taux avoisinant 12%. Les négro-mauritaniens dispersés entre petits et grands candidats seront affaiblis et phagocytés, se retrouveront autour de cette coalition aux alentours de 3 à 5%. Quant au candidat de l’UFP, il aura du mal à boucler un 5% par faute de moyens financiers et surtout par son choix inapproprié et inadéquat. Le reste des électeurs se volatilisera dans les bulletins blancs représentés par ces Mauritaniens qui ne croient en  rien. L’architecture politique de la nouvelle Mauritanie sera naturellement nouvelle. Elle sera certainement celle d’une rupture. La Mauritanie nouvelle mérite un Président nouveau avec une nouvelle vision de reconstruire la Mauritanie.

 

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