Par Dia El Haj Ibrahima

 
Il suffit de faire un grand tour à Nouakchott le soir pour comprendre et mesurer le baromètre électoral et les moyens alloués par les candidats de part et d’autre pour faire de bons résultats durant ces présidentielles. Dans les quartiers chics de Nouakchott, on chante et on danse partout jusqu’à l’aube pour Ghazouani et dans toutes les langues.
De belles dames habillées en voiles, en boubous ou en T-shirts, de tout âge et aux couleurs préférées de leurs candidats, campent sous des khaïma hautement meublés et rythmés par des tambours traditionnels avec des éloges en continu. Selon un passant, chaque khaïma représente une initiative de soutien dont le budget pour la sonorisation, le cachet des animateurs, la logistique, les faiseurs de Thé et méchoui, peut aller jusqu’à 1 million d’Ouguiya par jour.
Pour le candidat Ghazouani, entre l’axe qui mène vers la route de Nouadhibou, celui qui mène vers le stade olympique, et celui qui mène vers l’Hôtel Mauricenter, nous avons compté 135 points de soutien repartis entre Khaîma et grandes villas. Ce qui veut dire au niveau de ce quartier, les soutiens du candidat Ghazouani dépensent approximativement chaque jour 135 millions d’Ouguiya et dans ce cas pour les 15 jours de campagnes, ils arriveront à dépenser presque Deux Milliards d’Ouguiya uniquement dans ce Quartier.
De l’autre bout de Nouakchott, vers le cinquième et le Sixième, les populations s’entassent dans l’obscurité et l’insécurité, très souvent dans des espaces ouverts. On voit les affiches de tous les candidats, des khaïma mal fixées, des animateurs très mal habillés et même le rythme de la rotation du Thé est peu représentatif par rapport à ceux du quartier chic. Au total, nous avons dénombré 22 points de soutien pour les 6 candidats. Une campagne à 6 vitesses où le pauvre restera toujours pauvre et le riche deviendra de plus en plus riche. Une campagne visiblement qui va diviser encore et encore les populations Mauritaniennes des quartiers chics et celles des quartiers pauvres. La Mauritanie et les Mauritaniens ne sont pas encore prêts à se débarrasser de la culture de gabegie. On chante, on danse et on dépense mais la question qu’on doit tous se poser est : qui paye réellement la facture.

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