Pendant cette campagne électorale qui s’achemine tout droit vers la fin (d’ici 3 jours), les 6 candidats n’ont pas manqué de brandir  des chiffres  pour gagner sans doute  la « guerre économique », constituant  un enjeu de taille vue les urgences économiques et sociales du pays .

Si le  leader  de l’UFP, Ould  Maouloud  a avancé  un montant d’un  milliard  d’ouguiyas pour lutter contre le chômage des jeunes, le candidat, Mohamed Ould Ghazouani, a mis sur la table 200 milliards d’ouguiyas à travers une agence nationale  pour éradiquer la pauvreté.

Une  guerre  des chiffres,  au grand bénéfice des citoyens mauritaniens dont la majorité peine à avoir un revenu supérieur à 1500 dollars.

Le constat est là, les fruits  de la croissance sont  inégalement répartis entre les populations où les revenus des ménages ruraux est largement inférieurs à ceux des villes.

Raison pour laquelle, le candidat, Ould Cheikh El Ghazwani a promis de mener une politique équitable et juste qui permettra  de réduire cet écart de revenu, devenu une véritable  injustice sociale.

De l’avis de certains observateurs, l’Etat doit veiller à accroitre le revenu des ménages qui vivent au  fin fond du pays.

C’est dommage, soutiennent-ils que  le gouvernement  est plus sensible aux intérêts des citadins, qui bénéficient  généralement de toutes les  subventions parce que   c’est eux  qui barrent  la route et exercent des pressions sur les autorités.

Situation économique du pays

Même si tout le monde n’est  pas d’accord, en émettant des réserves sur  les rapports de la banque mondiale (BM)  et du Fonds Monétaire International (FMI).Force est de constater  que ce sont les seuls documents fiables auxquels on peut appréhender l’économie mauritanienne.

Si l’on se fie au dernier rapport de la BM  sur la situation économique de la Mauritanie,  le pays a connu des avancées sur les indicateurs macroéconomiques.

Ainsi, le taux  de croissance a progressé de 0,6 %, passant de 3 % en 2017 contre  3,6 en 2018.

L’institution de Bretton Woods, annonce de bonnes perspectives avec un taux  de croissance attendu de 6,2% sur la période 2019/2022.

Ces performances seront dues à la future exploitation commune du gaz offshore  entre la Mauritanie et le Sénégal, du dynamisme du secteur  de la pêche et de l’augmentation de la production minière d’or et de fer.

Néanmoins, la BM  précise  que ces progrès  ne suffisent  pas  à réduire la pauvreté  et les inégalités qui touchent  surtout les femmes et les jeunes.

La banque indique également qu’ils ne sont  pas suffisants  non plus  pour permettre au secteur privé   de se développer.

Le climat des affaires a beaucoup  évolué

Selon le classement du  Doing Business de la BM (mesure la qualité du climat des affaires dans le monde), de 2015 à 2019, la Mauritanie est passé de la 176e place au 148e rang, soit une progression de  28 places en 4 ans.

Malgré, ces progrès, la BM a constaté  des failles sur  l’évolution de l’activité économique du pays  à savoir l’omniprésence de l’état et la corruption qui  empêchent  une progression plus importante.

Ainsi, la BM recommande à la Mauritanie de dynamiser le secteur privé, de  faciliter l’emprunte pour les entreprises,  de  développer l’enseignement  et de rendre la bureaucratie plus efficace.

Ibrahima Junior Dia

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