À 3 jours du scrutin présidentiel du 22 juin, les 6 candidats en lice endossent l’épineuse question du passif humanitaire, datant de plus de 30 ans et qui peine  jusqu’à présent  à être réglé.

Au  début  du mois de  juin,  Amnesty internationale   a dans un rapport, publié  interpelé  les candidats à l’élection présidentielle  de  s’engager  à protéger les droits humains en Mauritanie.

L’ONG a  exhorté  tous les candidats à signer un manifeste contenant 12 engagements en faveur de la promotion et de la protection des droits humains  dans ce  pays.

Le mouvement n’a pas laissé en rade la problématique du passif humanitaire , qui continue à être traité de manière opaque.

Requête entendue par les candidats, Mohamed Ould Maouloud  ,  Mohamed Ould Ghazouani , Kane Hamidou Baba, Coalition du Vivre Ensemble (CVE) ou encore  le candidat indépendant , Biram Ould Abeid . Ces  derniers ont  beaucoup  évoqué cette question durant cette campagne électorale.

Les prétendants au fauteuil présidentiel, ont promis de régler définitivement- une fois élu-cette question qui  reste en suspens depuis plusieurs années.

Pour  Ould Maouloud , il est devenu un impératif que justice soit rendue aux familles des victimes, traumatisées par cette affaire.

Lors de son  meeting à Sélibaby  (500 kilomètres au sud-est de Nouakchott), le chef de file de l’UFP,  a pointé du doigt la légèreté à laquelle l’ État a géré ce dossier, qui  fait partie des plus grandes tragédies de la Mauritanie.

À noter que depuis plusieurs années, des ONG, des organisations de défenses humaines, des activistes  mettent la pression sur le gouvernement  mauritanien pour qu’il apporte des éclaircissements sur ces évènements.

Tout à commencer en avril 1989, un incident frontalier entre éleveurs peuls mauritaniens et agriculteurs soninké sénégalais entraîne la mort de deux personnes et la prise d’otage de 13 autres.

Le conflit prend de l’ampleur  et  les deux états sont impliqués .C’est le début  d’une rupture diplomatique entre les deux pays.

Selon certaines sources,  le régime d’Ould Taya en a profité  pour  chasser  plus de 120000 mauritaniens  noirs  de leurs  terres et contraints de trouver refuge au Sénégal et au Mali.

Ce processus se poursuit jusqu’en 1991 et s’accompagne d’une multiplication d’arrestations arbitraires (3000 en juin 1991).

Ainsi, près de 500 militaires, soupçonnés d’appartenir aux  FLAM, trouvent la mort à la suite de tortures et 28 à la suite de pendaisons (Human Rights Watch, 1994).

Ces tueries resteront longtemps gravées dans les mémoires. Avec les expulsions, elles sont aujourd’hui désignées par les formations politiques mauritaniennes, les médias et la communauté internationale sous le terme générique du « passif humanitaire de la Mauritanie ».

Ibrahima Junior  Dia

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