Ceux qui croyaient  à une alternance civile démocratique en Mauritanie devront garder leur mal en patience. Cela ne sera pas le cas pour cette année.

Selon la CENI, le candidat Mohamed Ould Ghazouani a remporté le scrutin du 22 juin dès le premier tour avec  plus de 52% des voix (décompte  faits auprès de 80% des bureaux de votes).

Une victoire qui vient confirmer les pronostics faits  par les analystes depuis l’annonce de la candidature d’Ould Ghazouani en mars dernier.

Les résultats  des élections municipales, régionales, locales  et législatives d’août 2018  ont   servi de baromètre.

Les  analystes étaient formels: le camp présidentiel allait remporter les élections présidentielles. Le chemin avait été balisé pour le dauphin  du président Aziz.

Le maitre incontesté du  jeu politique mauritanien a tout orchestré,   du changement de drapeau à l’hymne national  puis de son « maestro » qui doit lui succéder pour pérenniser son œuvre.

Une alternance  aura  surpris !

Sur le fichier électoral, composé  de 1,5 million d’électeurs mauritaniens, les potentiels électeurs  ont été déjà répertoriés.
Et la majorité présidentielle   était sûre  de  sa victoire  le soir du 22 juin malgré l’engouement constaté dans les réseaux sociaux pour une opposition clairsemée.

Le terrain politique vient de dicter  sa dure  loi  à la nouvelle génération facebookienne constituée de blogueurs aspirant au changement. Ces derniers qui étaient dans un état de béatitude extrême avant cette  échéance électorale sont forcés de renouer avec le pays réel et ses pesanteurs.

« La politique, ce  n’est pas la mobilisation des gens  dans les réseaux sociaux mais relève  d’un pragmatisme et  d’une expérience inouïe », a soutenu  un vieux baron du système.

Chose que Mouhamed Ould Abdel Aziz a sans doute inculqué  à son son compagnon de guerre,  Ghazouani, qui aura battu le record de mutisme tout au long de sa campagne. Le général nouvellement élu a réussi à drainer des foules pendant la campagne électorale grâce il faut dire à son vrai directeur de campagne, à savoir Aziz, au four et au moulin.

Si la victoire de Ghazouani  a surpris l’opposition, tel  n’est pas le cas pour les férus de la politique qui savaient pertinemment qu’il n’y a pas photo, le poulain de Aziz allait passer au premier tour. Un tour et c’est le Ko debout.

Une victoire contestée  par l’opposition

Comme d’habitude, l’opposition mauritanienne  a contesté vivement.

En début d’après-midi du samedi 22 juin   , les 4 candidats malheureux se sont réunis   chez Biram  Ould Abeid pour  dénoncer  toute confiscation de la volonté populaire.

Depuis cette  annonce, les 4 candidats  multiplient  les sorties à la presse  pour  condamner  ce qu’il présente comme une mascarade électorale.

Des échauffourées dans la capitale Nouakchott

Depuis que le candidat Ghazouani a « proclamé sa victoire »  au premier tour, les activistes s’organisent  en série de manifestations dans les quartiers périphériques de Nouakchott.

Les protestataires  se sont confrontés aux  forces de l’ordre. Ces derniers n’ont pas manqué d’utiliser des grenades lacrymogènes pour disperser la foule.

L’odeur de soufre plane sur ces élections.

Les partisans de Biram, devenu le nouveau chef de file de l’opposition avec 18%  des suffrages mauritaniens, vont-ils enterrer la hache de guerre ?

Ibrahima Junior Dia

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