Battu à plate couture lors des dernières présidentielles, Mohamed Ould Maouloud et ses amis n’en restent pas moins les maîtres du jeu de l’UFP. Cette sortie de la députée Kadiata Malick Diallo et de ses partisans en dit long sur la crise qui traverse cette formation politique.

« Kadiata Malick Diallo – Moins d’un mois après un communiqué de presse de la commission de communication de l’UFP, accusant certains camarades de la direction d’être des agents à la solde du pouvoir, pour la validation de son hold up électoral de l’élection présidentielle de 2019, la dernière session du Bureau Exécutif (BE) de l’UFP vient d’adopter une résolution en principe interne, mais aussitôt publiée dans les médias.

Cette résolution accuse certains camarades de la direction du Parti, de fractionnisme, d’activités scissionnistes, d’absentéisme et de persistance dans l’indiscipline.

Les instigateurs du communiqué de presse et de la résolution essaient également, dans ces écrits, de mettre à mal ces camarades avec les autres candidats opposants et l’ensemble de l’opposition, alors que ce sont ces camarades qui se sont opposés, au sein du Parti, aux tentatives de dénigrement d’un des candidats opposants et du Parti Tawassoul, allié dans le cadre du FNDU qui soutenait ce candidat, pour en fait promouvoir leur propre candidature.

Cette résolution interne, rendue publique, est symptomatique du véritable objectif du dernier BE, qui rentre dans le cadre de la poursuite de la fuite en avant et de la diversion de la part de certains dirigeants et cadres du Parti qui veulent détourner les militants et l’opinion des véritables divergences de fonds qui les opposent aux camarades qu’ils attaquent. C’est également dans ce cadre que s’inscrit la décision d’organiser un congrés, et ce, de façon précipitée afin de s’en assurer le contrôle de bout en bout pour qu’il ne soit qu’une mascarade de validation de leur fuite en avant.

Les camarades dirigeants, qualifiés publiquement de traitres au service de la validation du hold up électoral par le communiqué de presse du Parti, ainsi que d’autres membres du BE qui se sont sentis concernés par ces accusations mensongères d’une direction en déroute, ont estimé ne pas devoir participer à ce BE visant à occulter les causes profondes du résultat électoral catastrophique du Parti et à camoufler les responsabilités qui sont à la base de ce résultat.

La participation de ces camarades à ce BE, après les attaques injurieuses graves dont ils ont été l’objet, aurait, par ailleurs, contribué à cautionner l’opération de fuite en avant et de diversion du clan de la direction, responsable de la situation catastrophique du Parti, et à valider le bilan dressé par le Président du Parti lui-même, tout seul, au lendemain de notre débâcle électorale.

En effet, le bilan de l’élection fait par le Président tout seul, n’a été présenté au CP et soumis à certaines structures de base du Parti que pour la forme.C’est sur la base des conclusions de ce bilan unilatéral que le président du parti a fondé toutes ses prises de position officielles et toutes les actions qu’il a menées au lendemain de l’élection, sans aucune concertation avec la direction du parti, notamment son CP.

C’est ainsi qu’au lieu de se pencher sur les causes principales, profondes et internes au Parti, du résultat catastrophique, on cherche à les noyer dans la « révélation » d’une opération spéciale d’affectation par le pouvoir, d’un résultat préfabriqué, spécifiquement pour le candidat Mohamed Mouloud, et dans la fraude, qu’aucun des camarades accusés par la résolution et le communiqué de presse n’a pourtant jamais contesté, et qui a impacté les résultats de tous les autres candidats opposants qui ont, malgré tout, obtenu des scores honorables,très loin devant nous.

La fraude, ne suffisant plus à expliquer le résultat de notre candidat par rapport à ceux des autres opposants, l’attention est détournée des causes profondes de la situation du Parti et des fautes lourdes des responsables de cette situation, par la mise en avant de questions d’indiscipline.

En fait, qui est indiscipliné ? Est-ce le Président candidat, qui n’a réuni le CP que plus de 10 jours après le vote, tout en ayant entre temps adopté, déclaré et mis en œuvre des positions et des décisions relevant de sa seule analyse, alors que le CP n’était pas empêché ; ou est-ce les dirigeants qui, ayant entendu comme tout le monde, par voie de presse, les positions sensées être celles de leur Parti, à l’issu du vote, ont décidé de prendre leur responsabilité pour mettre en exergue le clignotant rouge foncé que représente le résultat de leur candidat et qui appelle à un diagnostic objectif, plutôt que de se réfugier derrière la position ridicule de victime « d’un résultat attribué spécialement à notre candidat par l’Administration » ? Le Président d’un parti démocratique et progressiste comme l’UFP, ne serait-il pas, malgré tout, un militant devant se soumettre à la discipline et respecter les prérogatives des autres ? Ou alors la discipline n’est-elle faite que pour les autres militants, cadres et dirigeants du Parti ?

En réalité, cette cascade du communiqué de presse et de la résolution interne fuitée, est destinée à occulter les causes réelles de notre échec électoral qui découle principalement de la situation catastrophique du Parti. Il s’agit également d’occulter les responsabilités dans la déviation de la ligne à travers l’abandon des idéaux de progrès et de démocratie hérités du MND et consignés clairement dans la déclaration de politique générale du dernier congrés tenu en 2012, et au profit d’une ligne aventuriste de rupture avec les masses et de renoncement aux acquis arrachés de hautes luttes.

Nous soussignés, signataires, membres du BE de l’UFP, appelons l’ensemble des militants à prendre leurs responsabilités pour sauver le Parti, en barrant la voie à la fuite en avant de cette direction en déroute qui cherche à détourner leur attention, en mettant en avant de prétendus problèmes de discipline et de fractionnisme pour camoufler sa trahison, depuis plusieurs années, de la ligne ainsi que sa responsabilité incontestable dans l’aboutissement à la situation lamentable du Parti, illustrée par le résultat électoral catastrophique et la récupération de pans importants de notre électorat par d’autres partis et forces politiques.
Les signataires :

– Kadiata Malick Diallo, 4e vice-présidente chargée des élus
– Assane Soumaré, 5e vice-président chargé des études et de la formation
– Mohamed Moustapha Ould Bédredine, Secrétaire général du parti
– Assane Gaye, Trésorier du parti
– Mohamed Ould Imigine, Secrétaire national chargé des travailleurs
– Chouei Mint Bilal, Secrétaire nationale chargée du mouvement des femmes
– Ladji Yatéra, membre du BE
– Mame Mint ElBou, membre du BE
– Sidna Ould Mohamed, membre du BE
– Youssouf Ould Mohamed Issa, membre du BE

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